Seize ans après la disparition de Pierre Urbain Dangnivo, cadre du ministère de l’Économie et des Finances, le verdict rendu dans cette affaire continue de susciter des réactions. Parmi elles, celle du secrétaire général de la Confédération des syndicats autonomes du Bénin (CSA-Bénin), Anselme Amoussou, qui exprime de vives réserves sur le déroulement du procès et la décision de justice.
Dans des propos rapportés par Le Matinal, le responsable syndical estime que cette procédure judiciaire n’a pas permis de renforcer la confiance des citoyens dans l’institution judiciaire. Selon lui, le déroulement des audiences et le verdict final ne donnent pas le sentiment qu’une recherche approfondie de la vérité a guidé les débats.
Anselme Amoussou relève plusieurs éléments qu’il considère comme des incohérences. Il évoque notamment les interventions de certaines personnalités au cours du procès, dont celle d’un ancien directeur général de la Police nationale qui a affirmé connaître une personne susceptible d’apporter des éclaircissements sur le dossier, sans que cette piste ne permette, selon lui, de faire progresser la manifestation de la vérité.
Le leader de la CSA-Bénin souligne également que des interrogations persistent autour de l’autopsie et de l’identification du corps, des questions qui continuent d’alimenter les débats, y compris au sein de la famille de Pierre Urbain Dangnivo. Il rappelle aussi que les déclarations de l’accusé principal, affirmant avoir été conduit jusqu’à la frontière togolaise après avoir été extrait de sa cellule, ont davantage alimenté les interrogations.
Autre point soulevé par Anselme Amoussou : le refus du tribunal de retenir certaines expertises présentées par la défense. Cette décision avait conduit les avocats des accusés à quitter la salle d’audience avant les plaidoiries.
Pour le secrétaire général de la CSA-Bénin, l’ensemble de ces éléments confère à cette affaire « un goût d’inachevé » et continue d’alimenter les interrogations autour de l’un des dossiers judiciaires les plus marquants de ces dernières années au Bénin.

