L’ONG DEDRAS a organisé une série de trois ateliers destinés aux Associations des Parents d’Élèves (APE) des communes de Natitingou, Toucountouna et Tanguiéta. Les séances de formation se sont déroulées les 14, 15 et 16 avril 2026, dans le cadre du projet « Briser les chaînes du travail et de l’exploitation domestique des enfants au Bénin et au Burkina Faso » (BCTEDE).
Travailler pour le maintien des enfants à l’école
Dans les communes de l’Atacora, l’abandon scolaire ne tient souvent qu’à un fil celui de la pauvreté familiale. Un enfant retiré de l’école pour effectuer des travaux domestiques, c’est un enfant qui bascule dans un cycle d’exploitation difficile à briser. C’est précisément ce constat qui a conduit l’ONG DEDRAS, en partenariat avec Woord en Daad et AFAS Foundation, à organiser ces ateliers de renforcement de capacités. La formation a réuni, sur trois jours consécutifs, des membres d’APE, des conseillers pédagogiques et des chefs de circonscription scolaire de l’Atacora.
Soulé Adamou, Chef du projet BCTEDE à DEDRAS, a ouvert les travaux à Natitingou avec une conviction affichée. « Nous voulons amener les parents d’élèves à collaborer plus étroitement avec l’école non seulement pour le suivi éducatif de leurs enfants, mais aussi pour une gestion participative des établissements », a-t-il déclaré.
L’atelier s’est articulé autour de deux axes principaux : rappeler aux participants les droits fondamentaux de l’enfant, et leur donner les outils concrets pour jouer un rôle actif dans la promotion de la scolarisation et la lutte contre le travail des enfants. À l’issue de chaque session, les représentants des APE sont attendus pour restituer les acquis à leurs bureaux, puis à l’ensemble des parents d’élèves de leurs établissements. Chaque APE repart avec un plan d’action simplifié, destiné à traduire les résolutions de l’atelier en mesures concrètes au sein de leurs communautés.
En clôturant la journée, Soulé Adamou a adressé un message sans détour aux participants : « Ces résolutions doivent être partagées avec tous vos membres et appliquer. Ce qui compte, c’est ce que vous ferez demain, dans vos villages, pour garantir à chaque enfant le droit d’aller à l’école. »
Des parents qui repartent avec une autre vision
Au sortir des salles, plusieurs participants ont exprimé une prise de conscience renouvelée. « Avant, je pensais que mon rôle s’arrêtait à payer les frais de scolarité. Aujourd’hui, je comprends que je dois aussi veiller à ce que mon enfant soit bien en classe et alerter quand quelque chose ne va pas », a confié Roland Yoro Manopa, l’un des présidents d’APE de Natitingou.
Salimatou Pédro, mère d’élève, est repartie avec une résolution claire : « Nous en savons davantage sur nos rôles, nos responsabilités et les stratégies à adopter pour donner aux enfants le goût de l’école. Nous devons mieux nous impliquer dans la gestion des établissements en collaborant avec le personnel enseignant. »
Dans la même dynamique, les communes de Toucountouna et Tanguiéta ont accueilli les jours suivants respectivement les 15 et 16 avril la même activité de renforcement de capacités. Partout, le même message a résonné : la protection de l’enfance commence dans les familles, et les APE en sont un maillon essentiel.


