Le tribunal de première instance d’Abomey-Calavi examine depuis le lundi 11 mai 2026 une affaire criminelle qui continue de bouleverser une famille près de quatre ans après les faits. Trois prévenus comparaissent dans le cadre de l’enquête sur la mort de A.A., un jeune homme de 20 ans retrouvé mort dans sa chambre en octobre 2022 à Abomey-Calavi. L’audience a été renvoyée au 18 mai prochain.
Élève en classe de terminale technique au moment des faits, A.A. s’était installé dans la maison de son défunt père à Abomey-Calavi après ses examens scolaires, afin de se rapprocher de son lieu de stage situé à Zogbo, à Cotonou. La concession était occupée par plusieurs locataires, tandis que le jeune homme disposait de sa propre chambre.
Selon les témoignages de ses proches, A.A. était décrit comme un garçon calme et discret. Il devait rendre visite à sa sœur le week-end du drame, une rencontre qui n’aura finalement jamais lieu.
Le jour des faits, un cousin de passage, détenteur d’une clé de la maison, donne l’alerte. À son arrivée, la sœur de la victime découvre une foule déjà rassemblée devant la concession. A.A. est retrouvé mort dans sa chambre, ligoté et baignant dans son sang. Son corps présentait déjà un état avancé de décomposition.
Selon la famille, le téléphone portable du jeune homme, acquis quelques jours auparavant, avait disparu, tandis que la chambre semblait avoir été fouillée.
Avant le drame, certains proches s’inquiétaient déjà des fréquentations du jeune homme. L’un des prévenus, présenté comme un ami de la victime, se rendait régulièrement dans sa chambre. Des proches affirment qu’il y venait notamment pour consommer de la drogue.
Interrogé par sa sœur sur cette relation, A.A. aurait tenté de rassurer sa famille tout en laissant entendre qu’il avait découvert des faits « trop lourds » pour lui, sans donner davantage d’explications. Une confidence qui continue aujourd’hui d’alimenter les interrogations des proches.
Après la découverte du corps, la police ouvre une enquête et exploite les données téléphoniques de la victime. Selon la famille, les investigations auraient révélé qu’un même numéro avait contacté A.A. à plusieurs reprises le jour du drame.
Plusieurs mois plus tard, en juillet 2023, le téléphone du défunt est retrouvé. D’après les éléments rapportés par les proches, l’appareil aurait circulé entre plusieurs personnes avant d’être localisé chez un individu affirmant l’avoir acheté auprès de son frère, technicien en téléphonie. Ce dernier aurait expliqué avoir reçu le téléphone d’un conducteur de taxi-moto chargé de le vendre.
Toujours selon les témoignages familiaux, ce conducteur aurait déclaré tenir l’appareil d’un ami, présenté comme l’homme ayant appelé la victime peu avant sa mort.
Cette succession d’intermédiaires a conduit à l’interpellation de plusieurs suspects. Trois hommes ont finalement été placés en détention provisoire le 2 août 2023 : un ami présumé de la victime, l’homme soupçonné d’avoir remis le téléphone au conducteur de taxi-moto et un technicien en téléphonie présenté comme intermédiaire dans la revente de l’appareil.
Les enquêteurs auraient également retrouvé plusieurs effets personnels de la victime — notamment un sac, une pièce d’identité et des chaussures — dans la chambre d’un proche de A.A., selon les déclarations de la famille.
À l’audience du 11 mai 2026, l’un des prévenus aurait reconnu avoir entretenu des liens étroits avec la victime, tout en niant toute implication dans le meurtre. La défense soutient que son client ne serait pas impliqué dans les circonstances ayant conduit à la mort du jeune homme.
Une version contestée par la famille, qui estime que de nombreuses zones d’ombre subsistent, notamment sur les derniers déplacements de la victime, les appels téléphoniques reçus avant sa mort et la disparition de ses effets personnels.
Près de quatre ans après les faits, les proches de A.A. disent attendre avant tout des réponses. Pour eux, le dossier dépasse le cadre judiciaire : il s’agit de comprendre ce qui est réellement arrivé à un jeune homme qu’ils décrivent comme sans histoire et plein d’espoir pour son avenir.
La famille, qui affirme faire face à des difficultés financières et à la dégradation de l’état de santé de la mère du défunt, n’est pas encore assistée par un avocat.
La prochaine audience, prévue le lundi 18 mai 2026 au tribunal de Calavi, devrait permettre de poursuivre l’examen de cette affaire criminelle marquée par de nombreuses interrogations.


