Après des mois de vives tensions diplomatiques et de blocages transfrontaliers, le Bénin et le Niger entament enfin des discussions concrètes. La première réunion des comités d’experts des deux nations s’est ouverte à Cotonou, marquant un pas décisif vers une résolution de la crise.
Cette rencontre fait suite à la visite d’amitié du président béninois, Romuald Wadagni, le 2 juin dernier à Niamey, où il s’était entretenu avec le chef de l’État nigérien, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani.
Un impératif de sécurité commune
À la tête de la délégation nigérienne, le Général de Division Mohamed Toumba (Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité Publique) a affiché une volonté de tourner la page pour faire face aux menaces régionales : le terrorisme, les trafics illicites et l’insécurité dans la zone critique du complexe W-Arly-Pendjari.
Cependant, le Niger refuse de transiger sur sa sécurité. Pour Niamey, la réouverture de la frontière et la reprise de la coopération bilatérale dépendent de deux conditions préalables et non négociables :
1. La signature d’un accord de défense et de sécurité
Cet accord doit inscrire un principe fondamental : l’interdiction stricte d’utiliser le territoire de l’un des États pour mener des actions hostiles contre l’autre.
2. Une transparence totale sur les forces étrangères
Le Niger exige une visibilité complète sur le déploiement et les installations de forces militaires étrangères à proximité de sa frontière avec le Bénin.
« Notre mandat est ferme et notre exigence est totale. Ils ne doivent pas être négociables car ils touchent à la survie même de nos États et à la sécurité de nos populations »
— Général Mohamed Toumba, chef de la délégation nigérienne.
Pour matérialiser cette volonté de fer, le Général Toumba a également proposé la création d’une cellule bilatérale de fusion du renseignement, afin de mutualiser les efforts contre un ennemi commun qui ignore les frontières. La balle est désormais dans le camp des experts à Cotonou.

