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Culture : Le « Koundouhoun », un pilier de l’identité Biali menacé de disparition

À Matéri, comme dans plusieurs localités de la région de la Pendjari, le peuple Biali tente de maintenir vivant le « Koundouhoun ». Ce rite initiatique, passage obligé vers l’âge adulte pour les jeunes de 18 à 20 ans, subit aujourd’hui les assauts de la modernité. Entre tradition et survie culturelle, l’heure est à la mobilisation.

Le Koundouhoun n’est pas une simple festivité. Pour la communauté Biali, il représente le socle de l’éducation sociale et spirituelle. Ce rite s’adresse tant aux jeunes filles qu’aux garçons dont l’âge oscille entre 18 et 20 ans. Il marque officiellement leur entrée dans la vie adulte, leur conférant de nouvelles responsabilités au sein du clan.

Gérard Nouanti, membre actif de la communauté, souligne que cette initiation est avant tout un marqueur identitaire. Sans le Koundouhoun, le jeune Biali reste, aux yeux de la tradition, un être inachevé, déconnecté des racines de ses ancêtres.

Pourtant, le constat est alarmant : ces pratiques ancestrales s’affaiblissent. Sous l’influence des mutations sociales et des religions importées, le Koundouhoun perd du terrain dans les régions de la Pendjari. « Il est crucial que chaque jeune, fille ou garçon, passe par cette étape pour comprendre d’où il vient », martèle Gérard Nouanti. Pour lui, la pérennité de l’âme Biali dépend de la transmission de ces codes ancestraux aux nouvelles générations.

Face au risque d’extinction de ce patrimoine immatériel, l’élite et les dignitaires locaux tirent la sonnette d’alarme. L’invitation est lancée à une conservation stricte des rites endogènes.

La survie du peuple Biali passera nécessairement par la rigueur des gardiens de la tradition. Ces derniers sont désormais investis d’une mission de résistance culturelle : faire respecter les cérémonies d’initiation pour que l’identité Biali ne devienne pas, à terme, un simple souvenir dans les livres d’histoire.

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