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Éthiopie : Debretsion Gebremichael élu à la tête d’un parlement du Tigré contesté

Le chef du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), Debretsion Gebremichael, a été élu mardi à la tête d’un parlement régional rétabli, une instance jugée illégitime par le gouvernement fédéral éthiopien.

Ce parlement avait été dissous dans le cadre de l’accord de paix signé en novembre 2022, qui avait mis fin à deux années de guerre entre le TPLF et Addis-Abeba. Toutefois, face à l’absence de progrès sur plusieurs volets de cet accord, l’ancienne direction du TPLF a entrepris de reprendre la main sur les institutions régionales, en relançant notamment l’assemblée locale.

Cette initiative suscite de vives inquiétudes quant à une possible reprise des tensions entre le Tigré et le pouvoir central. Pour Kjetil Tronvoll, spécialiste de la région à l’Oslo New University College, la situation est « extrêmement préoccupante », sans qu’il soit encore possible de déterminer si elle conduira à « des négociations ou à des affrontements ». Selon lui, cette démarche pourrait viser à renforcer la position du Tigré dans les discussions sur son statut politique et financier au sein de la fédération.

Malgré son influence persistante au niveau régional, le TPLF, qui a dirigé l’Éthiopie pendant près de trente ans, a été interdit en tant que parti politique l’an dernier. Pour Abel Abate Demissie, chercheur au sein du think tank Chatham House, ces développements pourraient « facilement déboucher sur un conflit désastreux ».

Par ailleurs, le gouvernement éthiopien a accusé mardi l’armée soudanaise de soutenir des « mercenaires » liés au TPLF, une allégation rejetée par Khartoum.

La guerre entre le TPLF et les forces fédérales, entre 2020 et 2022, a fait au moins 600 000 morts. L’accord de paix qui y a mis fin avait conduit à l’installation d’une administration intérimaire dans la région, écartant les anciens dirigeants du mouvement.

Aujourd’hui encore, le Tigré reste marqué par les последствия du conflit : plusieurs centaines de milliers de personnes demeurent déplacées, tandis que la région fait face à de graves difficultés économiques, aggravées par la suspension des subventions fédérales.

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