Depuis vendredi, le Kenya est frappé par de violentes pluies, entraînant des crues subites et des inondations dévastatrices dans plusieurs régions. Le gouvernement a annoncé tard dimanche soir un bilan humain qui a presque doublé, passant de 23 à 42 décès.
À Nairobi, la capitale, les précipitations torrentielles ont transformé les rues en rivières, emportant des véhicules et paralysant le trafic aérien à l’aéroport principal. De nombreux automobilistes se sont retrouvés bloqués pendant des heures sur des axes inondés. George Seda, le chef de la police de Nairobi, a précisé que certaines victimes avaient péri par noyade, d’autres par électrocution. Les autorités craignent que le nombre de morts n’augmente encore, les opérations de recherche et de sauvetage étant toujours en cours.
Les zones touristiques n’ont pas été épargnées. Dans la réserve nationale du Maasai Mara, au sud-ouest du pays, des touristes et du personnel ont dû être évacués par hélicoptère après que l’eau a envahi certaines parties du site. Heureusement, la plupart des visiteurs avaient déjà quitté les lieux avant l’arrivée des pluies les plus intenses.
Face à l’ampleur des dégâts, les équipes de secours, composées notamment de l’armée et de diverses agences gouvernementales, poursuivent leurs efforts à travers le pays. Le ministre de la Fonction publique, Geoffrey Kiringa Ruku, a souligné que « la mission de recherche se poursuit afin de retrouver et de récupérer les corps de toutes les victimes des inondations ».
Ces inondations ont également causé d’importants dommages aux infrastructures et aux moyens de subsistance, bien que 172 véhicules emportés par les flots aient pu être récupérés. En réponse à la crise, le président William Ruto a ordonné samedi le déblocage immédiat d’aide alimentaire provenant des réserves stratégiques nationales pour les familles sinistrées.
Le Kenya est entré fin février dans sa saison des « longues pluies », une période malheureusement souvent synonyme d’inondations et de glissements de terrain. Ces dernières années, ces phénomènes ont déjà causé des centaines de morts et déplacé des milliers de personnes.
De nombreux scientifiques alertent sur le fait que le réchauffement climatique intensifie ces événements météorologiques en Afrique de l’Est, concentrant les précipitations sur des épisodes plus courts mais beaucoup plus violents. Une étude de 2024 par le groupe World Weather Attribution a d’ailleurs conclu que le changement climatique avait rendu ces pluies dévastatrices environ deux fois plus probables dans la région.


