Le contentieux interne au parti Les Démocrates continue de se jouer devant la justice. Réuni ce mercredi 16 avril 2026 au tribunal de Cotonou, le dossier opposant plusieurs responsables de la formation politique a connu une nouvelle audience, la troisième du genre, marquée par de longues et vives confrontations entre les parties.
À l’origine de la procédure, Éric Houndété et François Comlan contestent la désignation de Nourénou Atchadé à la tête du parti. Par la voix de leurs avocats, ils dénoncent une démarche entachée d’irrégularités et demandent l’annulation de cette désignation, ainsi que de tous les actes posés depuis lors par l’intéressé en qualité de président. Me Gracias Adjagba Amoussou a notamment évoqué une violation des textes internes, allant jusqu’à qualifier le processus de « coup de force ».
Selon les plaignants, la réunion ayant conduit à l’élection de Nourénou Atchadé serait juridiquement contestable, dans la mesure où elle aurait été poursuivie après une suspension prononcée par Éric Houndété. Ils estiment qu’une nouvelle convocation aurait dû être organisée et soutiennent par ailleurs que le poste de président n’était pas vacant au moment des faits.
La défense rejette catégoriquement ces accusations. Les conseils de Nourénou Atchadé affirment que la vacance du poste était bien établie, rappelant qu’Éric Houndété lui-même avait assuré l’intérim. Me Rodrigue Davakan soutient également que la poursuite de la réunion s’est faite dans les règles, avec un quorum de 86 participants validant les décisions par acclamation.
Les avocats de la défense insistent en outre sur le fait qu’aucun délai légal n’imposait d’attendre avant de constater la vacance du poste, évoquant la démission confirmée de Boni Yayi auprès d’une délégation du parti.
Dans leurs demandes, ils sollicitent du tribunal l’annulation des assignations jugées infondées et réclament la condamnation des plaignants à verser 100 millions de francs CFA de dommages et intérêts, ainsi que 50 millions au titre des frais de justice.
Au terme de près de trois heures d’échanges, le juge a décidé de renvoyer l’audience au 20 avril 2026. Ce délai permettra aux différentes parties de déposer leurs notes de plaidoirie, dans un dossier qui reste au cœur des tensions politiques internes au sein du parti.


