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RDC : la peur d’Ebola éloigne les femmes enceintes des centres de santé

En République démocratique du Congo, l’épidémie d’Ebola continue d’avoir des répercussions bien au-delà des personnes directement touchées par le virus. Dans plusieurs localités affectées, de nombreuses femmes enceintes renoncent désormais aux consultations prénatales par crainte d’être contaminées ou placées en observation dans les structures sanitaires.

À Bunia, la clinique Bénédicte constate une chute spectaculaire de la fréquentation de ses services de suivi de grossesse. Selon son directeur médical, le Dr Sonny Mwembo, le nombre de femmes se présentant aux consultations prénatales est passé d’environ 60 par mois à une dizaine seulement depuis le début de l’épidémie.

Cette baisse est illustrée par le cas d’Esther Lutula, 26 ans et enceinte de son deuxième enfant. Par peur des mesures de surveillance appliquées dans les centres de santé, elle a décidé de suspendre temporairement son suivi médical.

« Lorsqu’une personne arrive à l’hôpital avec une forte fièvre, elle peut être placée en observation. J’ai donc préféré attendre que la situation s’améliore avant de reprendre mes consultations », confie-t-elle.

Un mois après la déclaration officielle de l’épidémie, les autorités sanitaires congolaises recensent 782 cas confirmés et 181 décès dans les trois provinces concernées. La propagation du virus reste particulièrement préoccupante dans les zones isolées, où les mouvements de population compliquent les opérations de surveillance et de suivi des contacts.

Pour les professionnels de santé, cette méfiance grandissante envers les établissements médicaux représente un risque majeur. L’absence de suivi prénatal pourrait entraîner une augmentation des complications liées à la grossesse et mettre davantage en danger la vie des mères et des nouveau-nés.

« La baisse de fréquentation observée ces dernières semaines pourrait conduire à davantage de complications obstétricales, voire à une hausse de la mortalité maternelle et fœto-maternelle », prévient le Dr Sonny Mwembo.

Face à cette situation, les autorités sanitaires, avec l’appui des organisations humanitaires, multiplient les actions de sensibilisation. Leur objectif est de rassurer les populations sur les dispositifs de prévention mis en place dans les centres de santé et d’éviter qu’à la crise provoquée par Ebola ne s’ajoute une autre urgence sanitaire touchant les femmes enceintes et leurs enfants.

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