Diezani Alison-Madueke, 65 ans, a comparu mardi devant la Cour royale de Southwark à Londres, accusée d’avoir mené une « vie de luxe » financée par des pots-de-vin lorsqu’elle était ministre nigériane du Pétrole.
Selon les procureurs, des personnes intéressées par l’obtention de contrats pétroliers et gaziers lucratifs avec la société pétrolière publique nigériane auraient accordé à la ministre d’importants avantages financiers ou matériels. Parmi les avantages évoqués figurent 100 000 livres sterling en espèces, des véhicules avec chauffeur, des vols en jet privé, des travaux de rénovation et des frais de personnel dans plusieurs propriétés londoniennes. Diezani Alison-Madueke est notamment accusée d’avoir bénéficié de paiements et de cadeaux provenant de personnes liées aux groupes Atlantic Energy et SPOG Petrochemical, qui auraient obtenu des contrats avec la Nigerian National Petroleum Corporation (NNPC) ou ses filiales.
L’accusation mentionne également le paiement des frais de scolarité de son fils, des achats dans des enseignes de luxe telles que Harrods et Louis Vuitton, ainsi que d’autres déplacements en jet privé. L’ancienne présidente de l’OPEP a fait l’objet de nombreuses procédures judiciaires à l’international, notamment aux États-Unis. Au Nigeria, plusieurs de ses propriétés, évaluées à plusieurs millions de dollars, ont été saisies en 2017. La Commission nigériane des crimes économiques et financiers (EFCC) a confirmé que plusieurs affaires restaient en cours à son encontre.
Diezani Alison-Madueke nie l’ensemble des accusations et est été arrêtée une première fois à Londres en octobre 2015 et est en liberté sous caution. Deux autres personnes, Doye Agama, son frère, et Olatimbo Ayinde, sont également poursuivies pour corruption dans cette affaire. La juge Justine Thornton a indiqué espérer que le procès s’achèvera d’ici le 24 avril.


