L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a lancé, dimanche 17 mai 2026, une alerte internationale à la suite d’une nouvelle flambée de la maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo (RDC). Cette décision fait suite à la confirmation d’un premier cas dans la ville de Goma, située à la frontière avec le Rwanda.
Selon Africa CDC, 336 cas ont déjà été recensés en RDC, dont 88 décès suspects liés à l’épidémie.
Le principal foyer de contamination se situe dans la province de l’Ituri, dans le nord-est du pays. Cette région, marquée par l’insécurité et d’importants déplacements de populations autour des zones minières, reste difficile d’accès pour les équipes médicales.
Un décès attribué au virus a également été signalé dans l’Ouganda voisin, alimentant les inquiétudes sur une possible propagation régionale.
L’OMS qualifie la situation d’« urgence de santé publique de portée internationale ». Toutefois, son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a précisé que l’épidémie ne remplissait pas encore les critères d’une urgence pandémique mondiale.
Les autorités sanitaires se montrent particulièrement préoccupées depuis l’apparition d’un cas à Goma, ville stratégique sous contrôle du groupe armé M23. D’après le professeur Jean-Jacques Muyembe, la personne infectée serait l’épouse d’un homme décédé d’Ebola à Bunia. Plusieurs membres de son entourage auraient également été exposés après des contacts avec la dépouille.
Face aux risques de propagation, la frontière entre la RDC et le Rwanda a été partiellement fermée dimanche. Plusieurs habitants de Goma ont rapporté des difficultés à traverser les postes frontaliers en raison des nouvelles restrictions sanitaires.
Les spécialistes attirent surtout l’attention sur la souche Bundibugyo, responsable de cette épidémie. Contrairement à d’autres formes du virus, cette variante ne dispose ni de vaccin homologué ni de traitement spécifique.
Le ministre congolais de la Santé, Samuel-Roger Kamba, a alerté sur la gravité de la situation, indiquant que le taux de létalité pourrait atteindre jusqu’à 50 %.
La RDC a déjà été confrontée à plusieurs flambées d’Ebola ces dernières années. L’épidémie survenue entre 2018 et 2020 avait causé près de 2 300 décès.
Comment se transmet le virus Ebola ?
La maladie à virus Ebola est une fièvre hémorragique grave et très contagieuse provoquée par un filovirus. Contrairement à certaines infections respiratoires, le virus ne se transmet pas par voie aérienne.
La contamination survient principalement par :
- le contact direct avec les fluides corporels d’une personne infectée, vivante ou décédée (sang, vomissures, salive, selles, urine ou sperme) ;
- la manipulation d’objets contaminés comme les vêtements, draps ou équipements médicaux souillés ;
- le contact avec des animaux infectés, notamment lors de la manipulation ou de la consommation de viande de brousse provenant de chauves-souris frugivores, de singes ou d’antilopes.


