Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a mis fin aux fonctions de son Premier ministre, Ousmane Sonko, ainsi qu’à celles de l’ensemble des membres du gouvernement. La décision a été annoncée dans la soirée du vendredi 22 mai 2026 par le secrétaire général de la Présidence, Oumar Samba Ba, lors d’une déclaration diffusée par la Radio Télévision Sénégalaise (RTS).
Selon le communiqué officiel, le chef de l’État a signé le décret n°2026-1128 portant révocation du Premier ministre. Cette décision entraîne automatiquement la cessation des fonctions des ministres et secrétaires d’État. Le gouvernement sortant est toutefois chargé d’assurer l’expédition des affaires courantes jusqu’à la mise en place d’une nouvelle équipe gouvernementale.
Cette annonce intervient quelques heures seulement après le passage d’Ousmane Sonko devant l’Assemblée nationale. Répondant aux questions des députés, celui qui occupait jusque-là la Primature avait reconnu l’existence de divergences avec le président de la République. Il avait notamment affirmé ne pas être « un Premier ministre qui obéit aveuglément », tout en estimant que ces désaccords n’entravaient pas le fonctionnement de l’État.
Depuis plusieurs mois, les relations entre les deux principales figures de l’exécutif sénégalais semblaient se dégrader. Des divergences politiques, de plus en plus visibles, avaient alimenté les spéculations sur une éventuelle rupture. Début mai, lors d’un entretien accordé à la presse, Bassirou Diomaye Faye avait d’ailleurs laissé entendre qu’il pourrait se séparer de son Premier ministre s’il venait à perdre sa confiance en lui.
Peu après l’annonce de son limogeage, Ousmane Sonko a réagi sur les réseaux sociaux. Dans un message publié sur sa page Facebook, il a déclaré : « Ce soir, je dormirai le cœur léger ».
Figure majeure de la scène politique sénégalaise, Ousmane Sonko avait joué un rôle déterminant dans l’accession au pouvoir de Bassirou Diomaye Faye en 2024. Empêché de se présenter à l’élection présidentielle de mars de la même année, il avait porté la candidature de son ancien collaborateur, devenu par la suite président de la République.
Pour plusieurs observateurs, cette rupture ouvre une nouvelle séquence politique au Sénégal. Le professeur Maurice Soudieck Dione, spécialiste de science politique à l’Université Gaston-Berger de Saint-Louis, estime que les deux hommes devront désormais redéfinir leurs stratégies politiques respectives. Selon lui, les prochaines échéances électorales, notamment les élections locales de 2027 et la présidentielle de 2029, pourraient accentuer les rivalités entre les camps présidentiel et parlementaire.
Cette décision marque ainsi un tournant majeur dans la vie politique sénégalaise et pourrait avoir des répercussions importantes sur l’équilibre des institutions dans les mois à venir.


