Site icon Lanatayaise

Somaliland : les 35 ans d’indépendance célébrés dans un contexte de fortes tensions

Le Somaliland a célébré lundi le 35e anniversaire de sa proclamation d’indépendance vis-à-vis de la Somalie, dans un climat marqué par des enjeux diplomatiques et sécuritaires. Cette commémoration intervient quelques mois après sa reconnaissance officielle par Israël, une première sur la scène internationale depuis sa sécession unilatérale en 1991.

Cette décision israélienne a provoqué la colère du gouvernement somalien, qui continue de considérer le Somaliland comme une partie intégrante de la Somalie malgré son autonomie de fait depuis plus de trois décennies.

À Hargeisa, la capitale, la reconnaissance par Israël a suscité de l’enthousiasme et ravivé l’espoir d’un soutien international plus large. Toutefois, aucun autre pays n’a encore suivi cette voie, malgré les attentes tournées vers des partenaires comme les États-Unis, les Émirats arabes unis ou l’Éthiopie.

Le Somaliland met en avant plusieurs atouts, notamment sa stabilité relative comparée au reste de la Somalie, ses alternances politiques et sa position stratégique sur le golfe d’Aden, l’une des routes maritimes les plus fréquentées au monde.

Mais cette reconnaissance intervient dans un contexte interne fragile. Des tensions claniques persistent dans certaines régions, notamment à l’ouest et dans les zones frontalières avec le Puntland. Des manifestations hostiles à l’accord avec Israël ont d’ailleurs été organisées à Borama.

Le Somaliland fait également face à des contestations territoriales dans les régions de Sool, Sanaag et Cayn, revendiquées par une nouvelle entité soutenue par Mogadiscio. Des affrontements armés y avaient provoqué en 2023 des milliers de victimes et d’importants déplacements de populations.

Par ailleurs, la coopération avec Israël suscite des critiques au sein même du Somaliland, majoritairement musulman. Certains religieux et militants pro-palestiniens ont dénoncé ce rapprochement, tandis que des habitants craignent que cette alliance transforme le territoire en cible régionale.

Les rebelles houthis du Yémen ont notamment averti que toute présence israélienne au Somaliland pourrait devenir une « cible militaire ». Des déclarations d’un ancien général israélien évoquant la construction d’infrastructures sécuritaires dans la région ont renforcé les inquiétudes d’une partie de la population.

Malgré la fierté liée à cette première reconnaissance internationale, de nombreux Somalilandais redoutent désormais une aggravation des tensions politiques et sécuritaires dans la région.

Quitter la version mobile