Rwanda : Paul Kagame critique les sanctions américaines et défend la position de Kigali
Dans un entretien accordé à Jeune Afrique, le président rwandais Paul Kagame a vivement dénoncé les sanctions imposées par les États-Unis, qu’il considère comme des « insultes » à l’égard de son pays. Il accuse également Washington d’exercer une pression disproportionnée sur Kigali, tout en adoptant une approche plus conciliante envers Kinshasa.
Ces sanctions, prises début mars, visent l’armée rwandaise, accusée de soutenir le mouvement rebelle M23, actif dans l’est de la République démocratique du Congo. Une région stratégique, riche en ressources minières, mais en proie à des conflits persistants depuis plusieurs décennies.
Malgré la signature, en décembre dernier, d’un accord de paix entre le Rwanda et la RDC sous médiation américaine, les affrontements se poursuivent. Paul Kagame affirme que son pays respecte ses engagements, contrairement à Kinshasa, qu’il accuse de ne pas honorer pleinement les siens.
Le chef de l’État rwandais justifie par ailleurs l’implication de son pays dans la région en évoquant des impératifs sécuritaires, notamment la menace que représentent, selon lui, des groupes armés liés aux responsables du génocide de 1994. « Nous ne lèverons pas nos mesures de défense tant que cette menace persiste », a-t-il prévenu.
Dans un autre registre, Paul Kagame a appelé les grandes compagnies pétrolières opérant dans le nord du Mozambique à contribuer davantage au financement de la sécurité dans la région de Cabo Delgado, confrontée à des attaques djihadistes. Kigali, engagé militairement dans cette zone depuis 2021, a récemment évoqué la possibilité de retirer ses troupes en cas d’insuffisance de financement international.


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