Afrique du Sud : Accra hausse le ton face à une recrudescence des violences xénophobes

Une nouvelle flambée d’actes xénophobes secoue l’Afrique du Sud, avec Durban, sur la côte sud, comme principal épicentre des tensions. Des rassemblements quotidiens, organisés par des groupes se revendiquant opposés à l’immigration clandestine, dégénèrent régulièrement en violences visant des personnes perçues comme étrangères.

Sur les réseaux sociaux, de nombreuses vidéos témoignent de ces dérives. On y voit des groupes, dont certains affiliés au collectif « March and March », interpeller, intimider et parfois agresser des individus identifiés comme migrants.

Selon Mike Ndlovu, porte-parole de l’organisation Kopanang Africa Against Xenophobia (KAAX), ces actions dépassent largement le cadre de simples manifestations. Il dénonce des « arrestations informelles », des agressions physiques ainsi que des attaques ciblées contre des commerces appartenant à des étrangers, comme le confirment plusieurs témoignages et images relayées en ligne.

Depuis plusieurs mois, ces mouvements xénophobes imposent également des restrictions d’accès à certains services essentiels. Des immigrés se voient ainsi refuser l’entrée dans des écoles ou des structures de santé, accentuant leur vulnérabilité et leur marginalisation.

À Johannesburg, le témoignage de Mutombo, une réfugiée originaire du Kivu installée en Afrique du Sud depuis 2004, illustre la gravité de la situation. Mère de douze enfants, elle a vu son domicile vandalisé lors d’une attaque survenue en juin 2025 : portes et fenêtres détruites, biens pillés et violences physiques d’une extrême brutalité infligées à sa famille.

Alors que de nouvelles mobilisations sont annoncées dans plusieurs grandes villes, notamment Johannesburg et Pretoria, l’inquiétude grandit au sein de la communauté étrangère, estimée à plus de trois millions de personnes. Beaucoup appellent les autorités à prendre des mesures plus fermes pour assurer leur sécurité.

Sur le plan diplomatique, le Ghana a officiellement exprimé son mécontentement auprès de Pretoria, exigeant une protection effective de ses ressortissants. En réponse, les autorités sud-africaines assurent que les forces de l’ordre seront mobilisées pour rétablir l’ordre et prévenir toute nouvelle violence.

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