Cacao ivoirien : Le fonds de réserve au cœur d’une crise de liquidités

La Côte d’Ivoire, leader mondial du cacao, fait face à un séisme économique pour sa campagne 2026. Alors que les cours mondiaux à New York ont chuté à 2 253 FCFA/kg, un écart critique se creuse avec le prix garanti aux planteurs (2 800 FCFA) et le prix de référence des exportateurs (4 100 FCFA). Cet effondrement met à nu les fragilités du système de stabilisation ivoirien.

Le Dr Ahoua Don Mello, expert des BRICS+, tire la sonnette d’alarme sur la gestion des réserves. Ce fonds, censé agir comme un bouclier contre la volatilité des marchés, semble aujourd’hui grippé.
Le besoin actuel : Pour combler le déficit entre le cours mondial et les engagements nationaux, l’État devrait injecter environ 1 847 FCFA par kilo.
L’enjeu financier : La facture globale pour soutenir la production prévue dépasse les 3 milliards de FCFA.
Un rendez-vous manqué avec l’industrialisation ?
L’analyse souligne un paradoxe de gestion : lors des années fastes, les excédents de vente (pouvant atteindre 3 000 FCFA/kg) n’ont pas été capitalisés de manière transparente dans le budget national. Selon l’expert, une gestion rigoureuse de ces surplus aurait pu :
Constituer un fonds souverain solide.
Accélérer l’industrialisation locale pour ne plus dépendre uniquement de la vente de fèves brutes.
Garantir une résilience automatique face aux chocs actuels.

Pour éviter l’asphyxie des coopératives et garantir le revenu des paysans, le gouvernement a engagé le rachat direct de 700 000 tonnes de fèves. Si cette intervention permet de maintenir artificiellement le prix de 2 800 FCFA à court terme, elle soulève une interrogation de fond :
Pourquoi l’État doit-il improviser des mesures d’urgence si les fonds de réserve théoriques sont censés jouer ce rôle ?

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