« Détruire la forêt, c’est appauvrir nos communautés » : Le cri d’alarme de l’Inspection forestière

À l’occasion de la Journée internationale des forêts, le département de l’Atacora a marqué le coup ce jeudi 19 mars 2026. Entre plaidoyers techniques et appels vibrants de la jeunesse, l’événement de l’EPP Sountchirantikou a rappelé l’urgence de protéger un patrimoine naturel en péril.

Ce n’est pas un hasard si l’École Primaire Publique (EPP) de Sountchirantikou a été choisie pour célébrer, par anticipation, la Journée internationale des forêts. Ici, au pied des hauteurs de l’Atacora, l’enjeu climatique a le visage de l’avenir : celui des écoliers. Autour de Madame le Préfet, du Maire, des autorités locales et des éléments de l’Inspection forestière, la communauté s’est réunie pour réfléchir au thème mondial de cette édition 2026 : « Les forêts et l’économie ».
Le constat dressé par Mathias Affoukou, Chef de l’inspection forestière départementale, est sans appel. Si l’Atacora est un écrin de biodiversité — abritant des inselbergs majestueux, des forêts sacrées et la prestigieuse Réserve de biosphère de la Pendjari (UNESCO) — ce trésor s’effrite.
« Détruire la forêt, c’est appauvrir nos communautés. Préserver la forêt, c’est investir dans notre avenir », a prévenu le technicien. Selon lui, les actions anthropiques telles que l’agriculture extensive, l’exploitation illégale du bois-énergie et la pression pastorale fragilisent l’écosystème au point de compromettre le développement économique local. « Vivre en harmonie avec la forêt n’est pas un idéal lointain, c’est une nécessité urgente », a-t-il rappelé avec force.
Le moment le plus solennel de la journée a sans doute a été la lecture du mémorandum par le jeune Arnauld Lafia. S’exprimant au nom des enfants, les « Ambassadeurs de la forêt », l’élève a interpellé les adultes sur la responsabilité intergénérationnelle.
« Au nom d’un prétendu progrès, notre planète est en train de sombrer dans une période de destruction. Les forêts sont bien plus que des espaces naturels : elles sont une part essentielle de notre identité culturelle et spirituelle. »
Ce cri du cœur de la jeune génération souligne que la lutte contre le changement climatique ne se joue pas seulement dans les sommets internationaux, mais bien dans chaque plantation d’arbre et chaque décision foncière locale.
Madame le Préfet de l’Atacora, en dévoilant le thème de l’année, a insisté sur le lien intrinsèque entre la santé de nos forêts et la prospérité du département. L’Atacora, joyau de forêt et de savanes ondoyantes, doit faire face à des défis complexes mais « non insurmontables ».
La cérémonie s’est achevée sur une note d’action, rappelant que chaque geste de préservation est un placement sûr pour l’économie de demain. À Sountchirantikou, le message est passé : pour aller « plus loin ensemble », il faudra désormais marcher à l’ombre des arbres que l’on protège aujourd’hui.

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