Iran : des centaines de milliers de personnes rendent un dernier hommage à Ali Khamenei
Une foule immense s’est réunie dimanche 5 juillet à Téhéran pour la deuxième journée des obsèques de l’ancien guide suprême iranien, Ali Khamenei. Vêtus majoritairement de noir, des centaines de milliers d’Iraniens ont participé aux cérémonies organisées dans la capitale afin de saluer la mémoire de celui qui a dirigé la République islamique pendant près de quarante ans.
Les fidèles et sympathisants ont convergé vers le complexe de la Grande Mosalla, où se sont déroulées les prières funéraires. Tout au long de la procession, les participants brandissaient des drapeaux iraniens, des portraits de l’ancien dirigeant ainsi que des banderoles dénonçant les États-Unis et Israël. Plusieurs slogans visaient également le président américain Donald Trump.
Ali Khamenei est décédé à l’âge de 86 ans à la suite d’une frappe aérienne survenue le 28 février, au premier jour du conflit opposant l’Iran à une coalition américano-israélienne. Les funérailles, reportées en raison des hostilités, se tiennent désormais dans un contexte de cessez-le-feu, alors que les relations entre Téhéran et Washington restent marquées par de fortes tensions.
La cérémonie religieuse a été présidée par le grand ayatollah Ja’far Sobhani, l’une des plus hautes autorités du chiisme. Le président iranien Massoud Pezeshkian y a pris part aux côtés de plusieurs responsables de premier plan, notamment le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf.
En revanche, Mojtaba Khamenei, présenté comme le successeur désigné de son père, était absent. Selon plusieurs médias, il aurait été blessé lors de la frappe du 28 février. Ses trois frères étaient, quant à eux, présents à la cérémonie.
Le cercueil d’Ali Khamenei, recouvert du drapeau iranien et de son turban noir, a été exposé aux côtés de ceux de quatre membres de son entourage, également tués lors des bombardements, parmi lesquels figure l’une de ses petites-filles.
Les autorités iraniennes ont décrété une journée fériée afin de permettre à la population de participer aux obsèques. Elles estiment que plusieurs millions de personnes pourraient prendre part aux différentes étapes des cérémonies. Après les processions prévues à Téhéran, le cercueil sera conduit à Qom, puis en Irak, avant son inhumation, prévue jeudi à Mashhad, sa ville natale.
Au-delà de leur dimension religieuse, ces funérailles revêtent un caractère hautement politique. Elles constituent pour les autorités iraniennes une occasion d’afficher l’unité nationale après plusieurs semaines de guerre et de réaffirmer leur position face aux États-Unis et à Israël.
Lors d’une allocution prononcée samedi, le président Massoud Pezeshkian a salué la forte mobilisation populaire, qu’il considère comme une démonstration de soutien à la République islamique. Il a également accusé Israël de contribuer à l’instabilité au Moyen-Orient, affirmant que « les musulmans ne céderont pas à l’oppression ».
Les cérémonies ont également enregistré la présence de délégations de plusieurs mouvements alliés de Téhéran, notamment le Hamas, le Hezbollah, le Jihad islamique palestinien et les rebelles houthis du Yémen.
D’importants dispositifs de sécurité ont été déployés dans la capitale pour encadrer les rassemblements. Les autorités ont par ailleurs mis en place des mesures destinées à protéger les participants des fortes chaleurs, les températures avoisinant les 40 °C.

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