Un pied à l’école, un pied dans le business : Emergency Africa forme la jeunesse à entreprendre à Natitingou

Natitingou accueille depuis ce lundi la 7e édition de la Journée de l’Entrepreneuriat en Milieu Scolaire (JEMS), une initiative portée par l’ONG Emergency Africa. Pendant quatre jours, élèves de collèges et lycées, parents d’élèves, artisans et entrepreneurs se retrouvent autour d’un même objectif : acquérir les bases pour entreprendre et créer de la valeur, avec ou sans emploi formel.

Une réponse concrète au chômage des jeunes

Tout est parti d’un constat simple mais alarmant. « On a observé que les jeunes, quand ils finissent leur cursus scolaire, se retrouvent à chercher un emploi sans y être préparés », explique N’dah N’kouéi Paul, animateur à l’ONG et coordonnateur de la JEMS. Depuis 2019, Emergency Africa — créée deux ans plus tôt — s’est fixé une mission : ne plus attendre que les jeunes sortent de l’école pour leur parler d’entrepreneuriat, mais les outiller dès les bancs de classe.

L’idée est résumée en une formule que les formateurs répètent volontiers tout au long de la journée : « un pied à l’école, un pied dans le business ». Une philosophie qui invite les apprenants à envisager l’autonomie économique non pas comme un plan B après l’échec, mais comme une compétence à développer en parallèle de leurs études.

Théorie et pratique, main dans la main

La formation allie modules théoriques et ateliers pratiques. N’Tcha Martine, coordinatrice des clubs La Sentinelle et coordinatrice adjointe du projet, détaille le programme concret prévu pour les participants : fabrication de savon solide, de détergent en poudre, de crème glacée, de baume, de bougies, ainsi que la confection de bijoux en résine époxy. Des produits du quotidien, accessibles, et surtout commercialisables.

Mais l’ambition va bien au-delà du savoir-faire manuel. « Nous voulons que chaque participant soit en mesure d’avoir une idée d’entrepreneuriat, de créer sa propre entreprise et de changer sa mentalité », insiste-t-elle. L’ONG entend notamment déconstruire une idée reçue tenace : celle que participer à une telle formation implique d’abandonner son travail ou ses études. Il s’agit au contraire d’y ajouter une nouvelle dimension.

Comprendre pour mieux se lancer

Le premier module de la journée, animé par Didier Tchansi, chargé des programmes à Emergency Africa, a planté le décor. Face aux participants, il a passé en revue la réalité du marché de l’emploi béninois : montée du chômage, sous-emploi généralisé des diplômés, inadéquation entre formation et débouchés. Un tableau sombre, mais volontairement dressé pour mieux motiver à l’action.

Les participants ont également été initiés aux qualités fondamentales de l’entrepreneur : résilience, capacité d’innovation, leadership et gestion rigoureuse des ressources.

Une initiative ouverte et itinérante

Si la cible première reste les élèves du secondaire, l’ONG a progressivement ouvert les portes de la JEMS à un public plus large. Parents d’élèves, artisans, entrepreneurs en activité souhaitant renforcer leurs compétences : tous sont les bienvenus. « C’est ouvert vraiment à tout le monde », confirme N’dah N’kouéi Paul.

Après Natitingou, la caravane de la JEMS poursuivra sa route vers Djougou, puis vers N’dali. L’ONG précise par ailleurs que toute commune qui se mobilise peut solliciter le passage de l’équipe. Une souplesse qui témoigne de la volonté d’Emergency Africa de toucher le plus grand nombre, au-delà des seuls grands centres urbains.

Sept éditions, des centaines de jeunes formés, et une conviction inébranlable : entreprendre s’apprend. Emergency Africa en fait chaque année la démonstration, une commune après l’autre, un jeune à la fois.

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