Suspendu depuis quatorze mois, le procès relatif à la disparition de Pierre Urbain Dangnivo a repris ce vendredi devant le tribunal de première instance de Cotonou. Cette audience, très attendue par les proches de la victime et l’opinion publique, a été marquée par plusieurs échanges nourris entre les différentes parties et de nouvelles demandes d’investigation.
À l’ouverture des débats, le président de la Cour a expliqué que la suspension du dossier était liée à la nécessité de retrouver deux témoins jugés importants : Mme Micheline Houndégla, qui aurait été en communication téléphonique avec l’accusé Alofa au moment des faits, et M’po Kouagou, inspecteur de police en poste à Godomey à l’époque de la disparition.
Le procureur de la République a indiqué que ces deux personnes avaient quitté le territoire national, tout en précisant qu’elles avaient été localisées. Cette déclaration a conduit les avocats de la famille Dangnivo à réclamer des éléments écrits attestant des démarches entreprises pour les retrouver. Le ministère public s’est engagé à produire ces documents au dossier.
L’audience a également été interrompue pendant une trentaine de minutes en raison de l’absence des proches de la victime. Les débats ont repris après l’arrivée de deux membres de la famille.
Au cours des échanges, Me Olga Anassidé, conseil de la famille Dangnivo, a demandé la comparution de Louis Philippe Houndégnon, ancien directeur général de la Police nationale, en référence à des déclarations publiques dans lesquelles il affirmait détenir des informations sur cette affaire. L’avocate a également sollicité l’audition d’autres personnes citées dans le dossier, notamment MM. Laourou et Alledji.
L’un des moments les plus marquants de l’audience a été le témoignage de Grégoire Dangnivo, frère de la victime. Revenant sur les circonstances de la disparition de Pierre Urbain Dangnivo, il a raconté l’avoir vu pour la dernière fois à la Cité Houéyiho, sans imaginer qu’il s’agissait de leur ultime rencontre.
Le témoin est également revenu sur l’exhumation du corps découvert à Womey, affirmant avoir reconnu son frère grâce à certains éléments physiques. Il a par ailleurs évoqué des images diffusées par la presse montrant Alledji en discussion avec l’accusé Alofa.
Après quinze années d’attente, Grégoire Dangnivo a demandé à la Cour d’ordonner un nouvel examen des restes de la dépouille. Interrogé sur les accusés, il a estimé qu’Alofa et Amoussou n’étaient pas les auteurs du crime, tout en les invitant à expliquer les circonstances de leur implication dans cette affaire.
En fin d’audience, les avocats de la partie civile ont formulé plusieurs nouvelles requêtes. Ils souhaitent notamment la comparution de certains experts, dont Koumassegbo, l’audition des agents de la présidence en service dans la nuit du 17 août 2010, ainsi que la production des preuves des recherches effectuées pour retrouver Mme Micheline Houndégla et l’inspecteur M’po Kouagou.
Au regard de ces demandes et de la nécessité de poursuivre les investigations, le tribunal a décidé de renvoyer l’affaire au vendredi 3 juillet 2026, date à laquelle les débats devraient se poursuivre.

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