Dans une déclaration rendue publique ce dimanche 1er février 2026 à Parakou, les jeunes du département du Borgou appellent le Chef de l’État et le nouveau Parlement à un geste historique : la libération des détenus politiques et le retour des exilés.
La Rédaction.
Le message est clair, direct et chargé d’émotion. Réunie à Parakou, la « Jeunesse Consciente et Engagée du Borgou » a choisi de briser le silence pour porter un plaidoyer de réconciliation nationale. Alors que le pays amorce un tournant politique majeur, ces jeunes voient en la libération de figures emblématiques comme Reckya Madougou et Joël Aïvo la clé de voûte de la paix sociale.
S’adressant directement au Président de la République, Patrice Talon, les signataires de la déclaration ont salué son bilan infrastructurel tout en soulignant une lacune persistante : la fracture sociale. Pour la jeunesse du septentrion, le Chef de l’État joue aujourd’hui sa place définitive dans l’Histoire.
« Votre héritage est déjà gravé dans le béton de nos villes, mais il manque à cet édifice la pierre angulaire de la paix des âmes », souligne la déclaration. Pour ces jeunes, libérer les détenus politiques ne serait pas un aveu de faiblesse, mais un acte de sagesse qui permettrait au Président de terminer son mandat en « pacificateur » plutôt qu’en simple gestionnaire.
Le plaidoyer ne s’arrête pas au Palais de la Marina. Il s’étend au Palais des Gouverneurs à Porto-Novo. Interpellant les députés fraîchement élus, la jeunesse du Borgou les appelle à l’action législative immédiate.
L’objectif est précis : le vote d’une loi d’amnistie. Les auteurs de la déclaration exhortent les parlementaires à faire preuve de « courage historique » en initiant un processus permettant non seulement la libération de Sacca Georges et Bio Dramane Tidjani, mais aussi le retour serein de tous les exilés politiques. Selon eux, cet acte marquerait le début d’une nouvelle ère parlementaire, libérée des rancœurs du passé.
À travers ce plaidoyer, c’est tout le souhait d’une génération qui s’exprime. Une génération qui refuse de voir son pays s’enliser dans des clivages permanents. « L’heure n’est plus aux calculs, mais au courage historique », martèle le groupe, rappelant que la persistance des détentions actuelles pourrait laisser une « tâche indélébile » sur le bilan de la gouvernance actuelle.
Alors que le mandat du Président Talon entre dans sa phase finale, cet appel de Parakou résonne comme un test pour la démocratie béninoise. Reste à savoir si les autorités et les nouveaux représentants du peuple saisiront cette « plume de la clémence » pour écrire, ensemble, ce nouveau chapitre de la concorde nationale.


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