Très prisé dans les foyers béninois pour son goût et son prix autrefois abordable, l’aileron de dinde est devenu de plus en plus difficile d’accès pour de nombreux consommateurs. En l’espace de quelques années, le prix du kilogramme a presque triplé, passant d’environ 1 200 francs CFA à près de 4 000 francs CFA.
Cette hausse spectaculaire bouleverse les habitudes alimentaires de nombreuses familles, au point de transformer cette viande populaire en produit réservé aux occasions spéciales.
Pour plusieurs ménages, acheter de l’aileron de dinde représente désormais une dépense importante. Le sujet avait même alimenté le débat politique lors de la dernière élection présidentielle, lorsqu’un candidat avait promis de ramener le prix du kilogramme à 1 200 francs CFA.
Selon les acteurs du secteur des produits congelés, cette flambée ne concerne pas uniquement l’aileron de dinde. Pascal Hounsou, commercial au Comptoir de distribution de produits (CODIPRO), explique que l’ensemble des viandes et poissons congelés ont connu une hausse sensible ces dernières années.
« Il y a encore un an, le kilogramme d’aileron de dinde coûtait entre 2 400 et 2 500 francs CFA. Aujourd’hui, il se vend entre 3 600 et 3 800 francs CFA », indique-t-il.
Les autres produits congelés suivent la même tendance. Le kilogramme de poulet atteint désormais environ 2 300 francs CFA, tandis que les cuisses rapides se vendent autour de 1 900 francs CFA. Les cuisses normales oscillent entre 2 000 et 2 100 francs CFA, les ailes de poule autour de 2 200 francs CFA, les gésiers de poule près de 1 600 francs CFA et ceux de dinde entre 2 500 et 2 600 francs CFA.
Les poissons congelés connaissent également des augmentations, accentuées par des périodes de rareté selon les saisons.
Plusieurs observateurs expliquent cette situation par les tensions internationales, notamment les conflits au Moyen-Orient, ainsi que par l’augmentation des coûts liés au transport maritime et aux taxes appliquées aux navires acheminant les produits congelés entre l’Europe et l’Afrique.
Malgré la hausse des prix, l’aileron de dinde demeure l’une des viandes les plus appréciées au Bénin. Chez les vendeurs de produits congelés, la demande reste importante.
« Sur 100 clients, au moins 90 demandent de l’aileron de dinde », affirme Pascal Hounsou, soulignant que les consommateurs continuent de privilégier cette viande pour sa tendreté et sa facilité de préparation.
Dans les foyers, chacun tente de s’adapter à la hausse des coûts. À Abomey-Calavi, Antoinette explique qu’elle continue d’en acheter occasionnellement pour faire plaisir à sa famille malgré les prix élevés.
Nadège, mère célibataire, confie qu’un demi-kilo suffit désormais pour partager un repas avec sa fille. Chez les jeunes également, l’aileron conserve une forte popularité. Adèle, apprentie coiffeuse, dit en faire son choix préféré lorsqu’elle mange à l’extérieur.
Mais pour d’autres consommateurs, cette viande est devenue inaccessible. « Cela fait longtemps que je n’en ai plus mangé. Avant, avec 1 000 francs CFA, on pouvait facilement en acheter », regrette une ménagère.
Face à la flambée continue des prix, de nombreux ménages béninois réduisent désormais leur consommation ou se tournent vers des alternatives moins coûteuses.


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