Alors que le Bénin attend le verdict des urnes après le scrutin du 11 janvier, les subtilités du Code électoral cristallisent l’attention. Entre le seuil des 20 % et les accords de coalition, l’expert électoral Clotaire Olihidé prévient : la coalition est une bouée de sauvetage, pas une garantie de siège.
Au Bénin, la course vers l’Assemblée nationale et les conseils communaux ne s’arrête pas au soir du vote. Elle se joue désormais dans les calculs arithmétiques complexes de la répartition des sièges. Invité à clarifier les zones d’ombre de la loi électorale, l’expert Clotaire Olihidé a levé le voile sur une confusion courante : la différence entre être « éligible au partage » et être « élu ».
Le mur des 20 % : un défi d’implantation nationale
Le Code électoral de 2024 a durci les règles du jeu. Selon l’article 146, un parti doit désormais franchir un double verrou :
Au plan national : Obtenir au moins 10 % des suffrages pour exister dans le calcul.
En circonscription : Réunir impérativement 20 % des voix dans chaque circonscription pour prétendre à un siège de député.
C’est cette barre, particulièrement haute, qui pousse les formations politiques vers des accords de coalition.
La coalition : un « bouclier » à double tranchant
Pour les partis ayant atteint les 10 % nationaux mais peinant à franchir les 20 % localement, la coalition apparaît comme l’ultime recours. Elle permet de cumuler les voix de plusieurs formations pour atteindre le seuil fatidique.
Toutefois, Clotaire Olihidé, interrogé par Africaho, apporte une nuance de taille : « La coalition permet d’être éligible, pas d’être élu ».
« La coalition permet de se sauver pour l’éligibilité au partage. Cela ne veut pas dire que vous avez déjà un siège », martèle l’expert.
Le risque de l’hégémonie au sein des blocs
Contrairement à une fusion de listes, la coalition maintient l’identité propre de chaque parti lors de la répartition finale. Une fois le seuil des 20 % franchi collectivement, les sièges sont attribués au prorata des voix de chaque entité.
Le danger pour les « petits » poulains d’une coalition est réel : si un partenaire pèse 15 % et l’autre seulement 5 %, le premier raflera les sièges tandis que le second, bien qu’ayant aidé à franchir le seuil, pourrait finir la journée avec zéro élu. En somme, si la coalition protège de l’élimination directe, elle n’immunise pas contre la domination interne des grands blocs.


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