La justice marocaine a prononcé de lourdes peines de prison contre deux anciens responsables politiques dans le cadre du procès dit de l’« Escobar du Sahara », une affaire portant sur un présumé réseau international de trafic de stupéfiants.
À l’issue de l’audience tenue jeudi devant la Cour d’appel de Casablanca, Saïd Naciri, ancien président du Wydad Athletic Club de Casablanca et ex-dirigeant du Parti Authenticité et Modernité (PAM), a été condamné à dix ans de réclusion. Abdennabi Bioui, ancien responsable régional du même parti, a quant à lui écopé de douze ans de prison.
Les deux hommes figuraient parmi plus d’une vingtaine de personnes poursuivies pour des faits présumés de trafic de drogue, de corruption, de faux, ainsi que de détention, vente et exportation de stupéfiants. Ils ont rejeté l’ensemble des accusations portées à leur encontre.
L’affaire trouve son origine dans les déclarations d’Ahmed Ben Brahim, un trafiquant malien surnommé l’« Escobar du Sahara ». Déjà condamné à dix ans de prison au Maroc depuis 2019, ce dernier affirme que les deux anciens responsables politiques lui auraient apporté leur soutien dans l’organisation d’opérations de trafic de drogue entre le Maroc, l’Afrique du Nord et la région du Sahel.
Ahmed Ben Brahim les accuse également de s’être approprié l’une de ses propriétés située dans un quartier huppé de Casablanca. Toutefois, il n’a pas comparu au procès, qui s’est déroulé sur plus de deux ans.
Au cours des audiences, les enquêteurs se sont aussi penchés sur l’origine de plusieurs millions d’euros détenus par les deux prévenus. Saïd Naciri et Abdennabi Bioui ont soutenu que leur patrimoine provenait exclusivement d’activités commerciales licites.
Les avocats de la défense ont contesté la solidité du dossier, estimant que l’accusation reposait principalement sur les déclarations du trafiquant malien, sans preuves matérielles directes suffisantes pour établir les faits reprochés.
Ouvert en 2024, ce procès est présenté comme une affaire inédite au Maroc en raison de l’implication de personnalités politiques de premier plan dans un dossier de trafic international de drogue. Les motivations détaillées du jugement n’étaient pas encore rendues publiques au lendemain du verdict, selon les conseils des condamnés.
L’annonce des peines a suscité de vives réactions au sein de la Cour d’appel de Casablanca, où les proches et les familles des accusés ont manifesté leur émotion à l’issue de l’audience.

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