Médias de proximité au Bénin : La FeRCAB arme les femmes des radios communautaires face au défi de l’intelligence artificielle à Parakou

​​Le Réseau des Femmes de la Fédération des Radios Communautaires du Bénin (ReFeCAB) participe, depuis ce mercredi, à un atelier de formation intensif sur l’usage de l’intelligence artificielle (IA) dans le journalisme. À l’ouverture des travaux, le Secrétaire Exécutif de la FeRCAB, Cadnel Djivoh, a tracé la feuille de route d’une transition numérique qui se veut à la fois audacieuse et responsable.

​Elles sont venues des quatre coins du Bénin, et particulièrement des départements du Nord, pour répondre à l’appel de la modernité. Les professionnelles des médias du ReFeRCAb, qualifiées par Cadnel Djivoh de « cœur battant de nos radios communautaires à la base », entament une mutation cruciale. Face à l’omniprésence du numérique, la FeRCAB a fait un choix stratégique clair : devancer le changement plutôt que de le subir.

​L’IA comme assistant, non comme remplaçant
​Dans son discours d’ouverture, le Secrétaire Exécutif de la FeRCAB a d’emblée levé les ambiguïtés et les craintes qui entourent souvent l’avènement des nouvelles technologies. « L’intelligence artificielle n’est plus une promesse du futur », a martelé Cadnel Djivoh, insistant sur le fait qu’elle transforme déjà les modes de production de l’information. ​Pour autant, pas question de reléguer l’humain au second plan. L’IA est présentée comme un levier de productivité et un assistant précieux pour des radios aux ressources souvent limitées.
​« L’intelligence artificielle ne vient pas remplacer votre sensibilité humaine, votre rigueur éditoriale ou votre voix unique », a-t-il rassuré, précisant qu’elle permettra plutôt d’alléger les charges de travail et de démultiplier l’impact des productions locales.

Des outils concrets pour « mieux produire et mieux diffuser »
​Pendant deux jours, les participantes vont se frotter à des applications technologiques très concrètes. La formation prévoit la manipulation d’assistants textuels comme ChatGPT et Gemini pour la structuration des émissions et la rédaction des scripts. Les journalistes s’approprieront également l’outil Auphonic pour le traitement automatisé du son — garantissant une qualité d’écoute irréprochable aux communautés — ainsi que la plateforme Canva pour dynamiser la visibilité des radios sur les réseaux sociaux, notamment Facebook.

​Cependant, Cadnel Djivoh a tenu à mettre en garde l’auditoire contre les dérives potentielles de ces technologies, évoquant les fléaux de la désinformation et des fake news. « Plus que jamais, votre réflexe de vérification et le respect du code de déontologie des médias du Bénin doivent rester votre boussole », a-t-il rappelé avec fermeté.

Un élan de solidarité soutenu par des partenaires clés
​Cette mise à niveau technologique s’inscrit dans le cadre de l’an 2 du projet MéSoCir (« Médias pour une société civile renforcée »). Le Secrétaire Exécutif a exprimé sa profonde gratitude envers l’Union Européenne pour son appui financier crucial, ainsi qu’envers la Fondation Hirondelle, chef de file du consortium, pour son accompagnement pédagogique.

​En lançant officiellement les travaux, Cadnel Djivoh a invité les participantes à faire preuve d’audace, de curiosité et de proactivité, les exhortant à bâtir « un réseau de solidarité technique encore plus fort ». La FeRCAB s’est engagée à suivre de très près l’intégration de ces nouvelles compétences dans les grilles de programmes afin que le droit à l’information reste une réalité moderne et concrète partout au Bénin.

Comments are closed, but trackbacks and pingbacks are open.