Au lendemain de la présentation de son projet de société, le candidat de la mouvance présidentielle, Romuald Wadagni, s’est prêté à un exercice de pédagogie politique. Dans un entretien exclusif accordé au média en ligne Lanatayaise, il a tenu à dissiper les malentendus entourant sa réforme du statut de l’artiste, récusant toute idée de « salariat généralisé » au profit d’une politique de l’excellence.
Le verbe est précis, le ton se veut rassurant. Face aux interprétations divergentes suscitées par ses annonces du samedi 21 mars, Romuald Wadagni a choisi la voie de la rectification directe. Une proposition de son programme portant sur la rémunération des acteurs culturels, perçue par une partie de l’opinion comme l’instauration d’un revenu systématique pour tout détenteur d’une carte d’artiste. Une lecture que le candidat qualifie d’erronée, y opposant une vision plus structurelle et sélective.
Loin de l’assistanat redouté par certains observateurs, le candidat Wadagni prône un mécanisme d’accompagnement « chirurgical ». Pour l’ancien ministre, il ne s’agit nullement d’octroyer un salaire de fonctionnaire à l’ensemble de la corporation, mais de mettre en place un levier de stimulation pour les « talents avérés ». « L’objectif est d’édifier un dispositif destiné à encourager la créativité et à magnifier l’excellence », a-t-il fait savoir au journal.
Cette approche, vise à corréler l’appui financier de l’État à la qualité intrinsèque des œuvres, évitant ainsi, selon ses termes, une « banalisation de l’effort artistique » qui nuirait à l’éclat de la culture béninoise sur l’échiquier international.
Pour illustrer la pertinence de cet investissement ciblé, Romuald Wadagni a partagé une anecdote personnelle à forte charge symbolique. Évoquant l’acquisition d’une œuvre inachevée auprès d’un sculpteur prometteur, il a expliqué comment un second contrat, plus substantiel, a permis à l’artisan de s’affranchir des contingences matérielles pour sublimer son génie.
Comme résultat : une pièce d’une finesse rare, témoignant de ce que l’accompagnement institutionnel peut produire lorsqu’il rencontre le talent brut. En conservant ces deux œuvres (l’ébauche et l’aboutissement) chez lui, le candidat entend prouver que l’État doit agir comme un mécène éclairé, capable de déceler le potentiel pour transformer l’essai.


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