Présidentielle 2026 : Paul Hounkpè galvanise ses partisans à Natitingou et promet un “vent de changement”

La ville de Natitingou a servi de cadre à un meeting politique du candidat de l’opposition Paul Hounkpè, marqué par une mobilisation des militants et sympathisants venus de plusieurs communes de la quatrième circonscription électorale. À cette occasion, différents responsables ont pris la parole pour réaffirmer leur engagement, avant l’intervention très attendue du candidat.

    

Ouvrant la série d’allocutions, le coordonnateur Basile Kalassi a salué la présence de la délégation et de la population mobilisée. « C’est pour nous un réel plaisir de vous accueillir ici à Natitingou, la capitale de l’Atacora », a-t-il déclaré, avant d’insister sur l’adhésion populaire à la candidature de Paul Hounkpè. Selon lui, « tout l’Atacora est mobilisé derrière le candidat », ajoutant que « nous voulons montrer que Natitingou est le peuple du bonheur, le peuple de la paix ». Convaincu de l’issue du scrutin, il a lancé : « Sachez que Natitingou sera déterminant pour concrétiser le pouvoir » et a invité les militants à « rentrer chez eux et annoncer la bonne nouvelle ».

Prenant la parole à son tour, Yacinthe Nata, membre de la coordination, a mis en avant l’aspiration des populations au changement. « Natitingou nous appartient tous. Natitingou est un pays de paix », a-t-il affirmé, avant de transmettre un message qu’il dit porter au nom des habitants : « La population me charge de vous dire que vous êtes le président ». Il a également exprimé une lassitude face à la situation actuelle : « La population de Natitingou est fatiguée de la continuité », appelant le candidat à incarner un véritable tournant une fois élu : « Une fois élu, vous devez devenir un changeur ».

Dans la même dynamique, Yarou Brisso a dénoncé une concentration du pouvoir et appelé à une mobilisation électorale. « Aujourd’hui toutes les institutions de la République sont d’un seul camp », a-t-il déclaré, estimant qu’il s’agit d’« une confiscation du pouvoir ». Il a exhorté les électeurs à ne pas céder à la corruption électorale : « Ne prenez pas les 500 francs pour souffrir 7 ans après ». Évoquant les promesses du candidat, il a notamment cité « la libération des prisonniers politiques », le retour des exilés et « l’organisation d’un dialogue national ». Sur le plan social, il a insisté sur la nécessité de réformes, notamment dans l’éducation et l’agriculture, dénonçant des producteurs « qui travaillent mais ne peuvent pas vendre librement leurs produits ».

Très attendu, le candidat Paul Hounkpè a centré son intervention sur un discours de rupture et de justice sociale. Dès l’entame, il a annoncé la couleur : « Je suis venu vous dire qu’un vent va souffler le 12 prochain. Un vent de bonheur, un vent de proximité ». Insistant sur les difficultés économiques des populations, il a affirmé : « Vous travaillez tout le temps, pourtant la misère continue de sévir, il faut que ça s’arrête », plaidant pour que « chacun profite de son effort ».

Sur la question agricole, il a promis des réformes majeures : « L’État ne va plus fixer le prix des produits, mais sera l’arbitre entre les producteurs et les opérateurs économiques », tout en s’engageant à rendre les intrants « moins chers » et à mettre fin aux impayés.

Abordant la situation sociopolitique, Paul Hounkpè a appelé à la réconciliation nationale : « Le Bénin que nous voulons doit être un Bénin de paix, un Bénin uni ». Il a notamment plaidé pour « libérer les prisonniers politiques » et permettre le retour des exilés afin de « construire la nation ». Il a également dénoncé un climat de peur : « Nous sommes dans un pays où tout le monde a peur. Il faut dissiper cette peur-là ».

Sur le plan économique et éducatif, le candidat a proposé un changement de paradigme. « Nous devons travailler pour qu’il y ait un système éducatif qui ne produise plus des chômeurs », a-t-il déclaré, tout en mettant l’accent sur la formation technique et l’auto-emploi. Il a aussi plaidé pour un secteur privé plus dynamique : « La fonction publique ne peut pas consommer tous les diplômés ».

Concernant la gouvernance, Paul Hounkpè a annoncé des réformes institutionnelles, dont « une assise nationale » suivie d’un référendum, ainsi que la mise en place d’« un gouvernement d’union nationale ». Il a également insisté sur la souveraineté économique : « Les compétences pour diriger le port du Bénin sont au Bénin. Faisons confiance aux génies béninois ».

Le candidat n’a pas manqué d’évoquer les défis sécuritaires et sociaux, promettant de mieux équiper les forces de défense et de garantir un meilleur accès aux soins : « Un système de santé accessible, à moindre coût, voilà ce que nous proposons ».

Enfin, dans un appel direct aux électeurs, il a mis en garde contre les manipulations électorales : « Faites en sorte que la vérité des urnes transparaissent », exhortant chacun à « rester républicain ». Concluant sur une note d’espoir, il a invité à « choisir le bonheur, la prospérité partagée et la solidarité ».

Ce meeting de Natitingou s’inscrit ainsi comme une étape importante de la campagne de Paul Hounkpè, qui entend capitaliser sur une forte mobilisation populaire pour porter son projet de changement lors du scrutin du 12 avril prochain.

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