Le ministère des Enseignements secondaire, technique et de la Formation professionnelle a organisé à Natitingou une séance de sensibilisation à l’endroit des artisans et artisanes dans le cadre de la prochaine campagne nationale d’alphabétisation. Une initiative soutenue par l’État béninois et ses partenaires techniques et financiers, notamment la Coopération suisse à travers le programme PAGEDA et l’UNESCO.
Conduite par une délégation de la Direction de l’alphabétisation et de la promotion des langues nationales, la rencontre visait à encourager les artisans à s’inscrire dans les centres d’alphabétisation qui ouvriront bientôt leurs portes.
Selon Mme Aichatou PONOU née HASSAN, cadre à la Direction de l’alphabétisation et de la promotion des langues nationales, cette campagne va bien au-delà de l’apprentissage de la lecture et de l’écriture.
« Nous sommes venus sensibiliser les artisans et leur montrer l’importance de l’alphabétisation pour leur autonomisation et leur participation au développement du Bénin », a-t-elle expliqué.
La responsable a rappelé que les artisans jouent un rôle important dans l’encadrement des jeunes dans les ateliers, alors que plusieurs apprentis ne maîtrisent ni le français ni les langues nationales à l’écrit.
Le programme proposé comprend notamment des modules de mathématiques, de gestion, d’éducation sociale, de santé, de droits humains et d’environnement. Une attention particulière est également accordée à l’alphabétisation fonctionnelle, directement liée aux métiers exercés.
« Les tailleurs, les maçons ou encore les agriculteurs apprennent dans leur langue nationale avec un vocabulaire adapté à leur métier », a précisé Mme PONOU.
Les formations sont entièrement gratuites. L’État béninois, avec l’appui de ses partenaires, prend en charge les manuels, les fournitures et l’encadrement pédagogique à travers des ONG spécialisées appelées opérateurs privés en alphabétisation.
Au terme de la séance, plusieurs participants ont salué l’initiative gouvernementale.
Maîtresse couturière, NONGA Béatrice Lucie estime que cette formation vient répondre à de réelles difficultés de communication dans les ateliers.
« Quand nous voyons nos enfants revenir et qu’ils ne peuvent pas répondre dans la langue, cela nous met mal à l’aise. Ce programme est vraiment le bienvenu », a-t-elle confié.
Même satisfaction du côté de DRAMANE Djariatou, également couturière, qui voit dans cette initiative une opportunité de perfectionnement professionnel.
« Ce n’est pas seulement apprendre à lire et écrire. Nous serons aussi formés dans nos métiers. C’est une grande opportunité », a-t-elle déclaré.
Le ministère invite toute personne âgée de plus de 15 ans, déscolarisée ou n’ayant jamais fréquenté l’école, à s’inscrire librement dans les centres d’alphabétisation dès leur ouverture prochaine.


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